Le psaume 35 est la prière de celui qui est persécuté injustement : « Jugez, Seigneur, ceux qui me font injustice ; désarmez ceux qui combattent contre moi ». David, calomnié et trahi par ceux qu’il avait aidés, remet sa cause à Dieu et lui demande de le défendre. Beaucoup le prient dans la persécution, la calomnie ou l’injustice. Dans les Bibles qui suivent la numérotation de la Vulgate, c’est le psaume 34. Voici le texte complet, comment le comprendre à la lumière de l’Évangile et une prière.
Le psaume 35 en entier
Traduction de Lemaistre de Sacy (XVIIᵉ siècle), faite sur la Vulgate latine :
Jugez, Seigneur ! ceux qui me font injustice ; désarmez ceux qui combattent contre moi.
Prenez vos armes et votre bouclier ; et levez-vous pour venir à mon secours.
Tirez votre épée, et fermez tout passage a ceux qui me persécutent : dites à mon âme : Je suis ton salut.
Que ceux qui cherchent à m’ôter la vie, soient couverts de confusion et de honte ; que ceux qui ont de mauvais desseins contre moi, soient renversés et confondus.
Qu’ils deviennent comme la poussière qui est emportée par le vent ; et que l’ange du Seigneur les pousse en les serrant de fort près.
Que leur chemin soit couvert de ténèbres et glissant ; et que l’ange du Seigneur soit attaché à les poursuivre.
Car sans aucun sujet ils ont voulu me faire périr dans le piège qu’ils m’ont dressé en secret, et ils m’ont très-injustement couvert d’outrages.
Qu’un piège dont il ne se doute pas vienne le surprendre : qu’il soit pris dans celui qu’il avait caché pour prendre les autres ; et qu’il tombe dans le filet même qu’il avait tendu.
Mais mon âme se réjouira au Seigneur, et trouvera toute sa consolation dans son Sauveur.
Tous mes os vous rendront gloire, en disant : Seigneur ! qui vous est semblable ? C’est vous qui délivrez le pauvre des mains de ceux qui étaient plus forts que lui ; et celui qui est abandonné et dans l’indigence, des mains de ses ennemis qui le pillaient.
Des témoins injustes s’étant élevés, m’ont interrogé sur des choses que je ne connaissais pas.
Ils me rendaient plusieurs maux, au lieu des biens qu’ils avaient reçus de moi, et voulaient jeter mon âme dans une stérilité et dans une désolation entière.
Mais pour moi, lorsqu’ils m’accablaient de cette sorte, je me revêtais d’un cilice : j’humiliais mon âme par le jeûne ; et je répandais ma prière dans le secret de mon sein.
J’avais pour chacun d’eux de la complaisance comme pour un proche et pour un frère ; et je m’abaissais comme étant touché d’une vraie douleur qui me portait à gémir pour eux.
Quant à eux, ils se sont réjouis sur mon sujet, et ils se sont assemblés contre moi : ils m’ont accablé de maux, sans que j’en connusse la raison. Ils ont été divisés : mais n’étant pas néanmoins touchés de componction, ils m’ont tenté et éprouvé de nouveau ; ils m’ont insulté avec moquerie ; ils ont grincé les dents contre moi.
Quand sera-ce que vous ouvrirez les yeux, Seigneur ? Rendez-moi la vie, en me délivrant de leur mauvaise volonté ; sauvez de la cruauté des lions mon âme qui est abandonnée.
Je publierai vos louanges dans une grande assemblée ; je vous louerai au milieu d’un peuple très-nombreux.
Que je ne sois point un sujet de joie et d’insulte à ceux qui m’attaquent injustement, qui me haïssent sans aucun sujet, et qui feignent par leurs regards d’être mes amis.
Car ils me parlaient en apparence avec un esprit de paix ; mais lorsqu’ils parlaient au milieu des peuples émus de colère contre moi, ils ne pensaient qu’à des tromperies.
Ils ont ouvert contre moi leur bouche, et ils ont dit : Courage, courage ! nos yeux ont vu à la fin ce qu’ils souhaitaient.
Vous l’avez vu, Seigneur ! ne gardez pas le silence : Seigneur ! ne vous éloignez pas de moi.
Levez-vous, et appliquez-vous à ce qui regarde mon jugement ; mon Dieu et mon Seigneur ! songez à la défense de ma cause.
Jugez-moi selon les règles de votre justice, Seigneur mon Dieu ! et qu’ils ne se réjouissent pas en triomphant de moi.
Qu’ils ne disent pas dans leurs cœurs : Courage ! réjouissons-nous. Qu’ils ne disent pas : Nous l’avons enfin dévoré.
Que ceux qui témoignent de la joie de mes maux rougissent et soient confondus ; que ceux qui parlent avec orgueil contre moi, soient couverts de confusion et de honte.
Que ceux qui s’intéressent à la justice de ma cause, se réjouissent et soient transportés de joie ; et que ceux qui désirent que le serviteur du Seigneur goûte la paix, disent sans cesse : Que le Seigneur soit glorifié.
Et ma langue publiera votre justice ; elle célébrera durant tout le jour vos louanges.
Explication du psaume 35
- « Jugez, Seigneur… levez-vous pour venir à mon secours » : David ne se fait pas justice lui-même : il remet sa cause à Dieu. C’est le premier enseignement du psaume.
- Les demandes contre les ennemis : « qu’ils soient confondus », « que l’ange du Seigneur les poursuive ». Ce sont des paroles dures, de quelqu’un qui souffre. La Bible ne cache pas la douleur ni la colère du juste ; elle apprend à les porter à Dieu au lieu de recourir à la violence.
- « Tous mes os diront : Seigneur, qui est semblable à vous ? » : au milieu de la lutte, le psalmiste loue déjà le Dieu qui défend le pauvre.
- Le mal rendu pour le bien : le plus douloureux est la trahison de ceux à qui l’on a fait du bien. David avait jeûné et prié pour eux quand ils étaient malades.
- « Ceux qui me haïssent sans sujet » : Jésus s’est appliqué des paroles semblables : « ils m’ont haï sans raison » (Jean 15, 25).
- Comment un chrétien prie ce psaume : Jésus a enseigné à aimer nos ennemis et à prier pour ceux qui nous persécutent (Matthieu 5, 44). Nous demandons donc que Dieu fasse justice, que le mal soit vaincu et que les persécuteurs se convertissent, sans souhaiter de mal à personne.
Quand prier le psaume 35
- Dans la calomnie, le harcèlement ou l’injustice.
- Quand on a été trahi par quelqu’un à qui l’on avait fait du bien.
- Pour remettre à Dieu le désir de vengeance et demander la paix du cœur.
Prière avec le psaume 35
Écrite pour cette page :
Seigneur, tu connais l’injustice que je subis.
Je ne veux pas me faire justice moi-même : je te remets ma cause.
Défends-moi, protège-moi des calomnies et des pièges,
et convertis le cœur de ceux qui me font du mal.
Garde-moi de la haine, et que ma langue annonce ta justice tout le jour. Amen.
Questions fréquentes
Le psaume 35 est-il le même que le psaume 34 ?
Oui. Les anciennes Bibles et la liturgie latine suivent la numérotation de la Vulgate, où c’est le psaume 34 ; les Bibles actuelles suivent la numérotation hébraïque, où c’est le 35.
Quelle traduction est donnée ici ?
Celle de Lemaistre de Sacy, la grande traduction catholique française classique, faite sur la Vulgate latine.
À lire aussi
- Psaumes de protection
- En espagnol : Salmo 35
- Psaume 91
- Psaume 27
- Psaume 37
- Prière de protection
- Prière à saint Michel
- En anglais : Psalm 35
Sources
- Psaume 34 (35) : Bible de Lemaistre de Sacy, domaine public (Wikisource).
- Explications et prière écrites pour biddingprayers.com par le séminariste Giuseppe.