Le Notre Père est la prière que Jésus lui-même a enseignée à ses disciples quand ils lui ont demandé : « Seigneur, apprends-nous à prier » (Luc 11, 1). C’est la prière chrétienne par excellence : sept demandes qui résument tout ce que nous pouvons demander à Dieu. Voici le texte du Notre Père, ce qui a changé dans la traduction de 2017, la signification de chaque phrase, le Notre Père en latin et comment l’apprendre aux enfants.
Le texte du Notre Père
L’ancien texte, en vouvoiement, tel qu’il figure dans le catéchisme de 1906 et qu’ont prié des générations de catholiques :
Notre Père qui êtes aux Cieux, que votre Nom soit sanctifié ; que votre règne arrive ; que votre volonté soit faite sur la Terre comme au Ciel.
Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour ; pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ; et ne nous laissez pas succomber à la tentation ; mais délivrez-nous du mal. — Ainsi soit-il.
Le texte actuel, en usage dans la liturgie, tutoie Dieu depuis 1966 (« Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié… »). Depuis le premier dimanche de l’Avent 2017, la sixième demande se dit : « et ne nous laisse pas entrer en tentation », au lieu de « ne nous soumets pas à la tentation ». Priez avec les mots en usage dans votre paroisse : le sens de la prière ne change pas.
Pourquoi la traduction a-t-elle changé en 2017 ?
L’ancienne formule « ne nous soumets pas à la tentation » pouvait laisser croire que Dieu lui-même pousse au mal, alors que l’Écriture affirme qu’il « ne tente personne » (Jacques 1, 13). La nouvelle traduction demande à Dieu de ne pas nous laisser entrer dans la tentation, c’est-à-dire de nous garder de céder.
La signification de chaque demande
- « Notre Père » : Jésus nous apprend à appeler Dieu avec la confiance d’un enfant. Et nous disons « notre », non « mon » : personne ne prie le Notre Père tout seul.
- « Qui es aux cieux » : ce n’est pas un lieu lointain, mais la grandeur de Dieu, au-dessus de tout et proche de chacun.
- « Que ton nom soit sanctifié » : nous demandons que Dieu soit connu, aimé et respecté par tous, à commencer par nous.
- « Que ton règne vienne » : que Dieu règne dans le monde et dans nos cœurs, et que le Christ revienne dans la gloire.
- « Que ta volonté soit faite » : nous acceptons le dessein de Dieu, comme Jésus à Gethsémani.
- « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » : le nécessaire pour vivre, le pain de la Parole et de l’Eucharistie, pour aujourd’hui, avec confiance.
- « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi » : la seule demande avec une condition : le pardon de Dieu entre dans un cœur qui pardonne.
- « Ne nous laisse pas entrer en tentation » : non pas ne jamais être tentés, mais ne pas y céder.
- « Délivre-nous du mal » : être délivrés du Mauvais et de tout ce qui nous éloigne de Dieu.
Le Catéchisme de l’Église catholique consacre toute sa quatrième partie (nn. 2759-2865) à cette prière.
Le Notre Père dans la Bible
Il figure deux fois dans les Évangiles : en Matthieu 6, 9-13, dans le Sermon sur la montagne, sous la forme longue que prie l’Église ; et en Luc 11, 2-4, sous une forme plus brève. La doxologie « Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire » ne figure pas dans les manuscrits les plus anciens ; à la messe, on la dit à part, après la prière « Délivre-nous de tout mal ».
Le Notre Père en latin
Pater noster, qui es in cælis:
sanctificétur nomen tuum;
advéniat regnum tuum;
fiat volúntas tua,
sicut in cælo et in terra.
Panem nostrum cotidianum da nobis hódie;
et dimítte nobis débita nostra,
sicut et nos dimíttimus debitóribus nostris;
et ne nos indúcas in tentatiónem;
sed líbera nos a malo. Amen.
Jésus parlait araméen : nous présentons la version syriaque la plus ancienne et le texte grec original sur notre page en anglais The Our Father in Aramaic.
Apprendre le Notre Père aux enfants
- Une phrase par soir, jusqu’à ce que l’enfant la sache entière.
- Avec des gestes : mains ouvertes vers le ciel à « Notre Père », main sur le cœur à « pardonne-nous », mains jointes à « délivre-nous du mal ».
- Avec ses mots : « Dieu est notre papa du ciel ; nous lui demandons que tout le monde l’aime, qu’il nous donne ce dont nous avons besoin, qu’il nous pardonne et nous aide à être bons. »
Questions fréquentes
Faut-il dire « qui es aux cieux » ou « qui êtes aux cieux » ?
Le texte liturgique actuel tutoie Dieu : « qui es aux cieux ». L’ancien texte, en vouvoiement, disait « qui êtes aux cieux ».
Depuis quand dit-on « ne nous laisse pas entrer en tentation » ?
Depuis le premier dimanche de l’Avent, le 3 décembre 2017, dans toutes les églises catholiques de langue française.
Combien de demandes contient le Notre Père ?
Sept : trois concernent Dieu (son nom, son règne, sa volonté) et quatre nos besoins (le pain, le pardon, la tentation, le mal).
À lire aussi
- Le Credo
- Acte de contrition
- Je vous salue Marie
- Le chapelet : comment le prier
- Prière du matin
- En anglais : Our Father in French
Sources
- Notre Père : catéchisme de 1906 (Mame), domaine public ; Pater noster : texte latin traditionnel.
- Matthieu 6, 9-13 ; Luc 11, 1-4 ; Jacques 1, 13 ; Catéchisme de l’Église catholique, nn. 2759-2865.
- Page préparée par le séminariste Giuseppe pour biddingprayers.com.