Le psaume 139 est le psaume du Dieu qui nous connaît de l’intérieur : « Seigneur, vous m’avez éprouvé, et connu parfaitement ». Il sait quand nous nous asseyons et quand nous nous levons, il connaît de loin nos pensées, il est présent dans le ciel et dans l’abîme, et il nous a formés dans le sein de notre mère. C’est l’un des psaumes les plus personnels et les plus consolants. Dans les Bibles qui suivent la numérotation de la Vulgate, c’est le psaume 138. Voici le texte complet, son explication et une prière.
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Le psaume 139 en entier
Traduction de Lemaistre de Sacy (XVIIᵉ siècle), faite sur la Vulgate latine :
Seigneur ! vous m’avez éprouvé, et connu parfaitement : vous m’avez connu, soit que je fusse assis ou levé. Vous avez découvert de loin mes pensées : vous avez remarqué le sentier par lequel je marche, et toute la suite de ma vie. Et vous avez prévu toutes mes voies : avant même que ma langue ait proféré aucune parole, vous la savez. Vous avez, Seigneur ! une égale connaissance de toutes les choses et futures et anciennes : c’est vous qui m’avez formé, et vous avez mis votre main sur moi.
Votre science est élevée d’une manière merveilleuse au-dessus de moi : elle me surpasse infiniment ; et je ne pourrai jamais y atteindre.
Où irai-je pour me dérober à votre Esprit ? et où m’enfuirai-je de devant votre face ?
Si je monte dans le ciel, vous y êtes : si je descends dans l’enfer, vous y êtes encore.
Si je prends des ailes dès le matin, et si je vais demeurer dans les extrémités de la mer ; votre main même m’y conduira, et ce sera votre droite qui me soutiendra.
Et j’ai dit, Peut-être que les ténèbres me cacheront : mais la nuit même devient toute lumineuse pour me découvrir dans mes plaisirs ; parce que les ténèbres n’ont aucune obscurité pour vous ; que la nuit est aussi claire que le jour, et que ses ténèbres sont à votre égard comme la lumière du jour même.
Car vous êtes le maître de mes reins et de mon cœur ; vous m’avez formé dès le ventre de ma mère.
Je vous louerai, parce que vous avez fait éclater votre grandeur d’une manière étonnante : vos ouvrages sont admirables ; et mon âme en est vivement frappée.
Mes os ne vous sont point cachés, à vous qui les avez faits dans un lieu caché ; ni toute ma substance que vous avez formée comme au fond de la terre.
Vos yeux m’ont vu lorsque j’étais encore informe ; et tous sont écrits dans votre livre : les jours ont chacun leur degré de formation ; et nul d’eux ne manque à y être écrit.
Mais je vois, ô Dieu ! que vous avez honoré vos amis d’une façon toute singulière ; et leur empire s’est affermi et augmenté extraordinairement.
Si j’entreprends de les compter, je trouverai que leur nombre surpasse celui des grains de sable de la mer. Et quand je me lève, je me trouve encore au même état devant vous.
Si vous tuez, ô Dieu ! les pécheurs : hommes de sang, éloignez-vous de moi ; parce que vous dites dans votre pensée : C’est en vain que les justes deviendront maîtres de vos villes.
Seigneur ! n’ai-je pas haï ceux qui vous haïssaient ; et ne séchais-je pas d’ennui, à cause de vos ennemis ?
Je les haïssais d’une haine parfaite ; et ils sont devenus mes ennemis.
Ô Dieu ! éprouvez-moi, et sondez mon cœur : interrogez-moi, et connaissez les sentiers par lesquels je marche.
Voyez si la voie de l’iniquité se trouve en moi ; et conduisez-moi dans la voie qui est éternelle.
Explication du psaume 139
Le psaume a quatre mouvements :
- Dieu me connaît : « vous m’avez connu, soit que je fusse assis ou levé ». Dieu connaît tout de nous : nos gestes, nos chemins, la parole avant qu’elle n’arrive sur nos lèvres. Ce n’est pas le regard d’un juge qui surveille, mais celui d’un Père qui connaît son enfant.
- Dieu est partout : « Où irai-je pour me dérober à votre Esprit ? » Au ciel, dans l’abîme, au bout de la mer, Dieu y est déjà. Même les ténèbres ne sont pas obscures pour lui.
- Dieu m’a formé : « vous m’avez formé dès le ventre de ma mère… vos yeux m’ont vu lorsque j’étais encore informe ». Chaque vie humaine est connue et voulue par Dieu avant sa naissance ; l’Église prie ce psaume pour la défense de la vie dès la conception.
- Sondez mon cœur : le psaume s’achève par un abandon : « Ô Dieu, éprouvez-moi, et sondez mon cœur… conduisez-moi dans la voie qui est éternelle ».
Quand prier le psaume 139
- Quand on se sent seul ou incompris : Dieu nous connaît mieux que personne.
- Pour la vie à naître : pour une femme enceinte, pour un bébé, pour des parents qui attendent un enfant.
- Avant la confession, avec les derniers versets.
- Dans le manque d’estime de soi, en se rappelant que nous avons été formés et connus par Dieu.
Prière avec le psaume 139
Écrite pour cette page :
Seigneur, tu me connais et tu m’aimes tel que je suis.
Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, tu connais mes pensées et mes peurs.
Tu m’as formé dans le sein de ma mère : merci pour le don de ma vie.
Il n’y a pas de nuit où ta main ne m’atteigne.
Sonde mon cœur, ôte ce qui te déplaît, et conduis-moi sur le chemin d’éternité. Amen.
Questions fréquentes
Le psaume 139 est-il le même que le psaume 138 ?
Oui. Les anciennes Bibles et la liturgie latine suivent la numérotation de la Vulgate, où c’est le psaume 138 ; les Bibles actuelles suivent la numérotation hébraïque, où c’est le 139.
Que dit le psaume 139 sur la vie avant la naissance ?
Que Dieu connaît chaque personne dès le sein maternel : ses yeux l’ont vue quand elle était encore informe, et ses jours étaient écrits dans son livre.
À lire aussi
- En italien : Salmo 139
- Psaume 8
- Psaume 37
- Psaume 23
- Psaume 51
- Psaume 103
- Psaume 1
- Psaume 91
- En anglais : Psalm 139 ; en portugais : Salmo 139
Sources
- Psaume 138 (139) : Bible de Lemaistre de Sacy, domaine public (Wikisource).
- Explications et prière écrites pour biddingprayers.com par le séminariste Giuseppe.