L’Angélus est la courte prière par laquelle l’Église rappelle trois fois par jour, le matin, à midi et le soir, que le Fils de Dieu s’est fait homme dans le sein de la Vierge Marie. Il se compose de trois versets, chacun suivi d’un Je vous salue Marie, et d’une oraison finale. Voici le texte de l’Angélus en français, tel que le donnait un catéchisme de 1904, le texte latin, quand et comment le dire, sa signification et le Regina Caeli qui le remplace au temps pascal.
Le texte de l’Angélus
L’Ange du Seigneur vint annoncer à Marie qu’elle serait mère du Sauveur, et elle a conçu par l’opération du Saint-Esprit.
Je vous salue, Marie…
Voici la servante du Seigneur ; que votre parole s’accomplisse en moi.
Je vous salue, Marie…
Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous.
Je vous salue, Marie…
V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu ;
R. Afin que nous devenions dignes des promesses de Jésus-Christ.
Prions. Seigneur, nous vous supplions de répandre votre grâce dans nos âmes, afin qu’ayant connu, par la voix de l’Ange, l’incarnation de votre Fils Jésus-Christ, nous arrivions, par sa passion et sa croix, à la gloire de sa résurrection. Par le même Jésus-Christ Notre-Seigneur. Ainsi soit-il.
On dit en entier le Je vous salue Marie après chaque verset. Aujourd’hui, on dit souvent « L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie, et elle conçut du Saint-Esprit » ; le sens est le même.
L’Angélus en latin
Ángelus Dómini
nuntiávit Mariæ.
Et concépit
de Spíritu Sancto.
Ave, María…
Ecce ancílla Dómini.
Fiat mihi secúndum
verbum tuum.
Ave, María…
Et Verbum caro factum est.
Et habitávit in nobis.
Ave, Maria…
Ora pro nobis, sancta Dei génetrix.
Ut digni efficiámur
promissiónibus Christi.
Orémus.
Grátiam tuam, quǽsumus,
Dómine, méntibus nostris infunde;
ut qui, Ángelo nuntiánte,
Christi Fílii tui incarnatiónem
cognóvimus,
per passiónem eius et crucem,
ad resurrectiónis glóriam perducámur.
Per eúndem Christum
Dóminum nostrum. Amen.
Glória Patri…
Quand dire l’Angélus
- Trois fois par jour : vers 6 heures, à midi et vers 18 heures, quand sonnent traditionnellement les cloches des églises (trois fois trois coups, puis une volée).
- Si l’on ne peut pas à l’heure exacte, on le dit dès que possible : l’important est de s’arrêter un instant pour se souvenir de Dieu au milieu du travail.
- L’Angélus du pape : chaque dimanche à midi, le pape le récite avec les fidèles depuis la fenêtre du palais apostolique, place Saint-Pierre, après un bref commentaire de l’Évangile.
- Au temps pascal, de Pâques à la Pentecôte (en 2027, du 28 mars au 16 mai), on dit à sa place le Regina Caeli.
Sa signification
Les trois versets résument le mystère de l’Incarnation selon l’Évangile : l’annonce de l’ange Gabriel à Marie (Luc 1, 26-35), le « oui » de Marie (Luc 1, 38) et le Verbe qui se fait chair (Jean 1, 14). Dire l’Angélus, c’est interrompre sa journée pour se rappeler que Dieu est entré dans notre histoire, et lui offrir le travail de ce moment. Saint Paul VI l’a recommandé pour sa simplicité, son fondement biblique et son rythme qui sanctifie les heures du jour (Marialis cultus, 1974, n° 41).
Le Regina Caeli (temps pascal)
De Pâques à la Pentecôte, l’Angélus est remplacé par cette antienne joyeuse, qui invite Marie à se réjouir de la résurrection de son Fils :
Regína cæli lætáre,
allelúia.
Quia quem meruísti portáre,
allelúia.
Resurréxit, sicut dixit,
allelúia.
Ora pro nobis Deum,
allelúia.
Gaude et lætáre, Virgo María,
allelúia.
Quia surréxit Dominus vere,
allelúia.
Orémus.
Deus, qui per resurrectiónem Filii tui Dómini nostri Iesu Christi mundum lætificáre dignátus es, præsta, quǽsumus, ut per eius Genetrícem Vírginem Maríam perpétuæ capiámus gáudia vitæ.
Per Christum Dóminum nostrum. Amen.
Son sens : on invite Marie, Reine du ciel, à la joie, parce que le Fils qu’elle a porté est ressuscité comme il l’avait annoncé, et on lui demande de prier Dieu pour nous ; chaque phrase se termine par « alléluia ».
L’Angélus de Millet
Le célèbre tableau de Jean-François Millet, L’Angélus (1857-1859), conservé au musée d’Orsay à Paris, montre deux paysans qui interrompent leur travail dans un champ, à Barbizon, pour prier au son de la cloche du soir : c’est exactement le geste de l’Angélus.
Questions fréquentes
Peut-on dire l’Angélus seul ?
Oui. En groupe, une personne dit le verset (V.) et les autres répondent (R.) ; seul, on dit tout.
Pourquoi sonne-t-on les cloches pour l’Angélus ?
Pour inviter tout le monde, aux champs comme en ville, à s’arrêter un instant pour prier : c’est une tradition très ancienne, encore vivante dans beaucoup de villages.
Autres pages
- Je vous salue Marie
- Le chapelet
- Prière du matin
- En italien : Angelus ; en espagnol : Ángelus ; en anglais : Angelus Prayer
Sources
- Angélus : Catéchisme de la Préfecture apostolique du golfe Saint-Laurent (Montréal, 1904), p. 9-10 ; textes latins traditionnels.
- Luc 1, 26-38 ; Jean 1, 14 ; Paul VI, Marialis cultus (1974), n° 41.
- Page préparée par le séminariste Giuseppe pour biddingprayers.com.