Le « Souvenez-vous » (en latin Memorare) est une courte prière de confiance à la Vierge Marie : on lui rappelle que personne ne l’a jamais invoquée en vain, et on lui confie sa demande. On l’attribue souvent à saint Bernard de Clairvaux, mais elle a été répandue surtout au XVIIe siècle par un prêtre parisien, Claude Bernard. C’est l’une des prières mariales les plus aimées des catholiques de langue française. Voici son texte complet en français et en latin, quand et comment la prier, son histoire, et les deux « Souvenez-vous » dédiés à saint Joseph et au Sacré-Cœur.
Le texte du Souvenez-vous
Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance et réclamé votre secours, ait été abandonné de vous. Animé d’une pareille confiance, ô Vierge des vierges et notre mère, je cours et viens à vous ; et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. Ô mère du Verbe, ne rejetez pas mes humbles prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il.
Ce texte est celui d’un livret de dévotion de 1874. La version qu’on récite aujourd’hui est presque identique ; elle dit notamment « réclamé vos suffrages » et « Ô Mère du Verbe incarné, ne méprisez pas mes prières ».
Le Memorare en latin
Memorare, o piissima Virgo Maria,
non esse auditum a sæculo,
quemquam ad tua currentem præsidia,
tua implorantem auxilia,
tua petentem suffragia,
esse derelictum.
Ego tali animatus confidentia,
ad te, Virgo Virginum, Mater, curro,
ad te venio, coram te gemens peccator assisto.
Noli, Mater Verbi, verba mea despicere ;
sed audi propitia et exaudi.
Amen.
Quand et comment prier le Souvenez-vous
- Dans une difficulté ou une demande urgente : c’est sa raison d’être. On le dit lentement, en pensant à la personne ou à la situation qu’on confie à Marie.
- La « neuvaine express » : sainte Mère Teresa, quand elle avait besoin d’une aide immédiate, disait neuf Souvenez-vous à la suite, puis un dixième pour remercier d’avance. Beaucoup de catholiques reprennent cette pratique.
- Après le chapelet, avant de dormir, ou le samedi, jour traditionnellement consacré à la Vierge Marie.
- Pour un défunt ou un malade : on peut ajouter son prénom après « je cours et viens à vous ».
Qui a écrit le Souvenez-vous ?
On dit souvent « la prière de saint Bernard ». Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153) a beaucoup prêché sur la confiance en Marie, et ses sermons contiennent la même idée, mais le texte lui-même n’est pas de lui. On le trouve à la fin du XVe siècle comme fin d’une prière plus longue, Ad sanctitatis tuae pedes. Au XVIIe siècle, Claude Bernard (1588-1641), dit « le pauvre prêtre », qui visitait les prisonniers et les condamnés à mort à Paris, le fit imprimer et distribuer par milliers : il disait lui devoir des guérisons et des conversions. Son nom a sans doute nourri la confusion avec saint Bernard. En 1846, le pape Pie IX accorda une indulgence à sa récitation, et la prière se répandit dans toute l’Église.
Le Souvenez-vous à saint Joseph
Composé sur le même modèle, il s’adresse à saint Joseph comme protecteur. On le prie surtout au mois de mars, le mercredi, et pour les besoins de la famille et du travail.
Souvenez-vous, ô très chaste époux de la Vierge Marie, saint Joseph, mon aimable protecteur, qu’on n’a jamais entendu dire que quelqu’un ait sollicité votre protection et imploré votre secours sans avoir été consolé. Plein de confiance en votre pouvoir, je viens me présenter devant vous et me recommander à vous avec ferveur. Ah ! ne méprisez pas mes prières, ô père adoptif du Rédempteur, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il.
Voir aussi la prière à saint Joseph et les litanies de saint Joseph.
Le Souvenez-vous au Sacré-Cœur de Jésus
Il reprend la même confiance, cette fois envers le Cœur de Jésus. On le prie au mois de juin et le premier vendredi du mois.
Souvenez-vous, ô très doux Jésus, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre Sacré Cœur, imploré son assistance ou réclamé sa miséricorde ait été abandonné. Rempli et animé de la même confiance, ô Cœur, roi des cœurs, je viens, je cours à vous, et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne devant vous. Ô Cœur sacré, ne méprisez pas mes faibles prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il.
Questions fréquentes
Le Souvenez-vous est-il de saint Bernard ?
Non : il lui est attribué par tradition, mais le texte apparaît au XVe siècle et doit sa diffusion au père Claude Bernard, au XVIIe siècle.
Combien de fois faut-il le dire ?
Une fois suffit. Pour la « neuvaine express », on le dit neuf fois de suite, puis une dixième fois en action de grâce.
Quelle est la différence avec le Je vous salue Marie ?
Le Je vous salue Marie reprend les paroles de l’ange et d’Élisabeth dans l’Évangile ; le Souvenez-vous est une prière de supplication, où l’on s’appuie sur la bonté de Marie pour lui confier une demande.
À lire aussi
- Je vous salue Marie
- Litanies de la Vierge Marie
- Le chapelet
- Neuvaine à Marie qui défait les nœuds
- Les litanies catholiques
- En anglais : The Memorare
Sources
- « Le Memorare ou Souvenez-vous », Petite notice sur Notre-Dame de Lourdes (1874).
- « Souvenez-vous à saint Joseph », Mois de saint Joseph (Québec, Léger Brousseau, 1884).
- « Prière au Sacré Cœur », Exercices pour le mois du Sacré Cœur de Jésus (Québec, A. Côté, 1872).
- Texte latin : Wikisource latine, « Memorare ».
- Page préparée par le séminariste Giuseppe pour biddingprayers.com.